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Interview exclusive de Hugues par PPDM Version imprimable Suggérer par email
écrit par Hugues   
15-02-2012


Patrick Pepper de Martinique (PPDM) est grand reporter à RFI, RFO, chroniqueur à radio Martinique, correspondant du New York Times et du Télégramme de Brest aux Antilles françaises. Interview exclusive de Hugues le jour de l’arrivée…  

 

PPDM : ça va man ?

H : ça roule

PPDM : Bon on va y aller en prenant les quatre chemins, ta course, tu t’es planté, non ?

: t’es direct toi !

PPDM : ici on est franco de port ! C’était quoi tes objectifs sportifs ?

H : les objectifs étaient d’arriver 1er en temps réel des bateaux de notre catégorie  et entre la dixième et la vingtième place en temps réel des bateaux de Saint Nazaire.

PPDM : le résultat là, il ressemble pas bien à ce que tu me dis…

H : Oui. A Madère, nous sommes arrivés 3ème bateau de course croisière derrière deux bateaux où il y avait des pros de la course au large, et 21ème sur 54 en temps réel, c’était un peu décevant mais correct. PPDM : ok ok man. Mais là quand ti arrives à la Martinique, tu es dans les choux ?

H : Sur cette deuxième étape, le résultat n’est pas bon : 3ème bateau de course croisière et 38 ème sur 70 en temps réel

PPDM : t’expliques ça comment man ?

H : en sport, il y a trois phases : la préparation, l’entraînement et la compétition.

PPDM : et alors ?

H : la préparation a été correcte, l’entraînement correct et en compétition, on a été pas mal. Mais pour une course qui a vraiment évolué et dont le niveau est maintenant très élevé, c’est insuffisant ! Sur ce que l’on a fait, je pense que nous aurions été dans les 15 premiers en temps réel en 2008-2009. Cette année c’est autre chose. Sur chaque phase, nous avons commis des petites erreurs qui conduisent au mauvais résultat à la fin.

PPDM : tu es content de tes choix de voiles ?

H : oui mais il aurait fallu partir avec un spi de brise neuf. Notre vieux spi recoupé a cédé trop vite. Vu l’importance des spis dans cette deuxième étape, c’est une erreur qui a une grosse influence sur le résultat. Pour le spi de petit temps, même si l’influence sur le résultat est probablement moins grande, nous avons fait la même erreur et le vieux spi a cédé du fait de son usure passée.

PPDM : c’est quoi cette histoire de pilote automatique.

H : Aïe aïe aïe… Lors de m’édition précédente, il avait bien fonctionné et il avait barré plus de 50% du trajet. Avec notre nouvelle façon de naviguer, nous mettons plus de toile et réussissons à faire avancer le bateau beaucoup plus vite, le pilote s’est avéré incapable de barrer correctement dans de nombreuses conditions. Nous avons donc beaucoup barré. Le fait de barrer est épuisant et fait que l’on est moins disponible pour les autres tâches très importantes aussi comme le réglage des voiles et l’étude de la météo.

PPDM : tu parles de la vitesse, ça allait ?

H : c’est la grosse satisfaction, nous avons réussi à faire avancer è così plus vite qu’avant dans toutes les conditions ! Et en course à la voile la vitesse, c’est primordial.

PPDM : et les manœuvres ? Il est gros ton bateau ?

H : oui, en régate normale nous sommes 9 ou 10 à bord. A deux, les manœuvres sont difficiles et fatigantes. Nous avons fait des choses simples et nous les avons bien faites à l’exception d’un affalage de spi dans un gros grain…

PPDM : tu est fort avec ton copain Renaud, trois spis à bord, trois spis déchirés !

H : le premier et le deuxième ont cédé sous le poids des milles parcourus. Bien abimés, ils n’étaient pas réparables.

PPDM : et ton beau spi fuschia tout neuf ?

H : il marche vraiment bien ! On l’a tenu jusqu’à plus de 30 nœuds de vent ! Il est stable rapide et solide…

PPDM : mais vous l’avez cassé !

H : il y avait un grain comme on en avait croisé toute la journée. On s’est concerté avec Renaud et on a opté pour l’affalage bateau couché si on partait au lof. Alors que tout allait bien, on était à 13 nœuds dans 26 nœuds de vent, une rafale extrêmement violente que j’estime à au moins 35 nœuds a couché le bateau. Comme prévu nous avons affalé, c’est une manoieuvre que l’on a déjà fait plusieurs fois sans souci,  mais le spi s’est bloqué dans un mousqueton du solent et s’est déchiré !

PPDM : et après tu fais quoi ?

H : nous étions contents de l’avoir ramené à bord. Ensuite nous étions abattu en pensant que la course était finie puis finalement, nous avons vu qu’il était réparable.

PPDM : et vous avez réparé ?

H : pendant 70 heures, nous avons navigué sans spi. Nous avons cousu tout le temps à l’exception de la nuit.

PPDM : y parait que t’es pas doué de tes 10 doigts. Renaud a tout fait ?

H : Renaud a décidé ce qu’il fallait faire, m’a montré comment coudre et j’ai cousu les parties simples. Renaud a travaillé sur les points importants.

PPDM : c’était solide ?

H : très belle réparation ! Nous l’avons utilisé normalement, c’est-à-dire dans du vent très fort et il a parfaitement tenu !

PPDM : que s’est-il passé cette fameuse nuit du 6 au 7 février?

H : Nous avons été trop prudents. Le spi bleu venait de se déchiré. Nous avons navigué toute la nuit sous-toilé de peur de rencontrer un grain, nous étions lents et en plus nous avons fait de l’ouest alors qu’il aurait fallu faire du sud. Ce manque de lucidité est probablement du à la matinée du même jour où nous avons enchaîné les affalages et changement de spi par peur des grains et pour s’adapter aux conditions. Nous avons fait trop de manœuvres et nous nous sommes épuisés.

PPDM : et après ?

H : après nous avons eu ces journées magnifiques et ces nuits de rêves sous spi dans la brise ! Nous avons arrêté d‘être trop prudents et nous nous sommes régalés jusqu’au jour où nous avons déchiré le spi vert le matin et le fuchsia l’après-midi ...

PPDM : man, là du me parle de matériel, t’as cassé autre chose ?

H : des manilles de barber-hauler (palan qui sert à modifier l’angle de tire des écoutes de spi) et les poulies de hale-bas de grand-voile ont explosé...

PPDM : man, là du me parle de matériel, et le comportement des hommes ?

H : avec Renaud, nous avons été volontaires mais nos efforts n’ont pas toujours apporté des fruits…

PPDM : et le mental ?

H : C’est un aspect absolument passionnant. En sport, l’aspect psychologique a une influence énorme sur le résultat. En double, il faut soutenir son copain ou s’appuyer sur lui. Après la zone de vent faible qui a eu une infuence énorme- nous avons perdu beaucoup- nous avons eu une phase psychologique difficile avec beaucoup de doutes au moment de nos choix. L’analyse de ces moment une fois à terre et reposé est très intéressante mais je garderai mes conclusions pour moi !

PPDM : vous vous êtes disputés ?

H : jamais ! Notre « couple » a bien fonctionné. Quand nous n’étions pas d’accord, nous discutions et comme c’est mon bateau, Renaud acceptait mes décisions ; il a été super !

PPDM : c’est quoi le sentiment qui domine ?

H : un immense bonheur !

PPDM : Ah bon ?

H : nous avons vécu une très traversée fantastique avec une météo de rêve ! Les nuits de pleine Lune sous spi dans la brise font partie de mes meilleurs moment de voile ; quel pied ! Et avant que la Lune se lève, le début de nuit était vraiment noir. Tu barres le bateau, tu vas vite et tout est noir autour : une sensation très étrange et fascinante.

PPDM : comment tu as vécu l’arrivée ?

H : nous avons eu la chance d’arriver de jour, c’était magnifique ! Le dernier bord le long de la côte au reaching (près bon plein) à 9,5 nds dans 5 mètres d’eau ! Puis le louvoyage dans le chenal ! Ensuite nous avons été rejoints par la famille de Renaud et des copains qui étaient sur un cata. Enfin, nous avons eu la chance d’être super bien accueillis sur le ponton où nous attendait le traditionnel planteur !

PPDM : la TRANSQUADRA, c’est un gros truc ça ?

H : oh oui ! J’ai rencontré Renaud en décembre 2009, cela a été le départ d’une aventure de 3 ans !

PPDM : gros projet !

H : et il n’y a pas que la course ; c’est une belle aventure humaine qui m’a permis de rencontrer Renaud, Paulo, Yoann,… pour la préparation. Puis il y a la rencontre des autres concurrents, des organisateurs, des accompagnants, nous sommes entre passionnés de voile, c’est toujours très sympa !

PPDM : comment ça se passe au Marin ?

H : c’est génial ! Avec Renaud, nous sommes  vraiment super heureux de cette traversée. Ici c’est la fête et on savoure ! Nous passons beaucoup de temps à accueillir les bateaux puis nous découvrons les uns et les autres, c’est génial ! Je suis un immense privilégié qui profite pleinement de chance, quel bonheur ! Malheureusement mon épouse ne peut pas venir mais mes enfants arrivent dimanche et j’ai hâte de les retrouver. Je prépare le bateau pour les accueillir : l’aventure maritime continue !

PPDM : eh man, tu causes, tu causes mais c’est l’heure du Ti Punch !

H :  Ok man, pani pobem, on y va !

Tout va bien à bord,

Hugues

Le Marin, 14 février 2012

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:!::?::idea::arrow:
 
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Agnès  - Bravo !   |78.122.182.xxx |2012-02-15 21:48:42
On est très contents pour vous, encore bravo et profitez bien (enfin ne
forcez pas trop sur le ti punch quand même !)!
Bises des Sahores
Million-Morize   |86.214.97.xxx |2012-02-17 16:43:08
Bravo, belle aventure. Faites bien la fête! Si vous venez un jour à
l'Aber-Wrac'h avec votre bateau faites-nous signe! Bonne continuation. Armelle
et Thierry
Jacques Girerd   |2.10.48.xxx |2012-02-19 22:04:47
Bravo pour la course qui a eu l'air de t'enchanter.
Un grand salut
breton.
Jakez.
Denis VILLOTTE  - Tu as dit "course-croisière"...     |80.14.182.xxx |2012-02-20 10:15:34
Hugues, il me semble que sur la deuxième étape Renaud et toi
finissez en temps compensé 5ème des bateaux de
course-croisière, juste derrière Sérénade, bon
biquille de 6.5 tonnes de déplacement et 1m75 de tirant d'eau,
très aménagé, qui appartient incontestablement à
cette catégorie officieuse, au même titre que les deux Grand Soleil
37 et le First 36-7.
Bon, temps compensé mis à part, je t'accorde
qu'on est quand même vexés que tu nous aies
précédés de 2 heures en temps réel au Marin, prenant
ainsi ta revanche sur l'ordre d'arrivée à Porto Santo. E Cosi a
bien négocié les bascules de vent des deux-trois derniers jours de
descente sur la Martinique : bravo !
pauline  - trop fort   |82.235.242.xxx |2012-02-22 13:27:52
Il est trop PPDM.... lol

3.23 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

Dernière mise à jour : ( 12-03-2012 )
 
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